VOYAGE EN INDE 2009 – 2010 (le nord)

 

----deuxième partie du carnet de voyage d'un jeune retraité en Inde
(ici la première partie)----

  carte du parcours

 Dimanche 17 janvier 2010                            Bhubaneswar                               

 

Je pars à la recherche d'un meilleur hôtel. J'en trouve un beaucoup moins cher mais pas mieux en terme de qualité.

Je me fais plaisir: je m'offre l'annuaire des trains 2009-2010!  Au diable la Bruyère et ses Caractères, c'est mon nouveau livre de chevet. Le Calcutta-Bénarès de 17h30 en 2ème clase climatisée me fait rêver, mais pourrais-je le réserver à temps? En tout cas je perdrais moins de temps dans les gares à trouver le train qu'il me faut (et je ne raterai plus les éclipses solaires). Du coup je réserve un Puri-Calcutta pour jeudi prochain.

Les chauffeurs de rickshaw quand ils me voient croient que Bill Gates a débarqué dans le coin. Mais ils en sont pour leur frais car  à leur proposition de rouler 1km pour 100R je réponds par un mépris aristocratique.

Je marche toute la journée pour explorer les temples du coin, ils valent le détour. Ils datent du VIIIème, IX et Xème siècle. Il y a des dizaines (Lonely dit des centaines) de temples disséminés dans le quartier. Je fais un tour au musée du coin, pas mal aussi, notamment les feuilles de palmier utilisées comme les papyrus comme support d'écriture, mais les Indiens ne comprennent pas qu'un musée ce n'est pas seulement exposer des objets: c'est aussi donner des informations sur les dates, l'origine de l'objet et peut -être à quoi il sert, à qui il a appartenu, bref des explications qui donnent un sens à ce qu'on voit.

Je vais au bar de l'hôtel boire une bière, mais le garçon comme d'hab a tout faux: dans sa soif de pourboire il accumule les bourdes: il me remplit  le verre à raz bord (exécrable habitude indienne) alors que je lui dis de ne pas le remplir, puis il me met la clim mobile à fond dans la gueule alors qu'il ne fait pas vraiment chaud. Quand je change de place pour avoir moins froid il fait la gueule. Je demande l'addition, il me rend 3 billets de 100. Je lui dis que s'il veut un pourboire il ferait bien de me donner de la monnaie. Il me ramène 2 billets de 50R. Je lui redonne 50R en réitérant mon conseil. Il finit par comprendre mais c'est vraiment laborieux (je lui donne 10, mais il ne les a pas mérités).

Je mange dans la rue un bon poulet Tikka (blanc de poulet mariné et grillé)  bien cuit.

 

Lundi 18 janvier 2010                            Puri                               

           

Je suis réveillé en sursaut par un employé qui sonne à ma chambre pour me proposer un chai. Je l'envoie balader. Une minute après mon voisin de chambre met de la musique indienne à fond. Bon je me lève, fais mon sac et descend déjeuner. Mon voisin bruyant me suit: c'est le préposé au restaurant, il me fait mille courbettes. Il peut se brosser pour le pourboire.

Je prends un bus pour Puri.

Je marchande serré un cyclo-pousse (20R) pour me rendre dans la zone des hôtels. Bien sûr il essaie de m'amener là où il a une commission, raté, je vais à une adresse moyennement cotée par Lonely et qui s'avère très bien pour pas cher (350R).

Petit tour sur la plage qui serait superbe (sable blond, rectiligne jusqu'à l'horizon) si elle n'était pas la toilette publique des pêcheurs.

Je marche une paire d'heures et arrive au temple hyper sacré de Jagannath (le créateur du monde). Visite interdite mais les abords méritent le déplacement: des milliers de pèlerins se pressent et s'agitent dans tous les sens. Les marchands par milliers vendent tout ce qui est imaginable, notamment les portraits de Jagannath, sa femme et son fils, ils ressemblent aux personnages de South Park ou aux Simpson!

Une mendiante lépreuse me tapote le bras avec son moignon enveloppé d'un tissu pas net, ça me glace le sang. Je file dans un restau dont la terrasse surplombe la rue animée et me lave le bras dans les toilettes (on ne sait jamais). Je mange un bon thali.

Il y a beaucoup de mendiants ici, handicapés, lépreux ou simplement affamés. Les lépreux, à part la manche, récoltent quelques roupies en vendant du riz qui est donné en offrande aux dieux dans les petits temples de rue.

Je monte dans la librairie qui a une terrasse qui surplombe le temple interdit aux non hindous (un plan éventé de Lonely P, ce n'est plus un don de 10R qu'il est bien vu de donner, mais un racket éhonté). Le type me montre le "livre d'or" où se déroulent des centaines de noms avec le don accordé, 100, 200, 500R. Je lui dis que moi ce sera 10R, il pousse des hauts cris, me montre le nom d'un pauvre  indien qui a donné 500R. Je tourne le dos, il me rappelle, je cède à 50R. La vue n'est pas terrible, ça ne valait pas plus de 10R.

Au retour je prends un cyclo-pousse que je négocie à 30R, mais en route il me demande 100, et quand je descends et lui donne 30 + 5 en extra parce qu'il en a chié, il n'est pas content! Ils rêvent complètement et ne font pas tant de cinéma avec leurs compatriotes.

Malgré tout j'aime bien Puri, c'est à taille humaine, en bord de mer (grande promenade à l'occidentale) mais animé. En plus il fait un soleil éclatant!

 

Mardi 19 janvier 2010

 

Je pars à Konarak, site Unesco pour son Temple du Soleil.

XII ème siècle, chouette. Le temple a une forme de chariot, avec 24 roues géantes. Les murs sont gravés comme de la dentelle, des milliers de statues de différentes grandeurs, et pas mal de scènes érotiques pour ne pas dire pornos. Le site est intéressant mais j'ai vu mieux. Je fais l'aller et le retour dans des minibus archi-bondés.

Je mange un très bon kingfish grillé accompagné de pommes de terre au piment sauce rouge et d'une bière bien fraîche, le tout pour 270R (4 euros)!! Je suis à une table avec de vieux voyageurs solitaires anglophones, on discute un peu mais je n'ai pas trop de feeling pour eux.

 

Mercredi 20 janvier 2010

 

Je lézarde, ne fais rien de spécial: je traîne sur la plage mais il fait frisquet et divers parasites viennent tenter leur chance. Je fais un peu de lessive puis vais dans un cybercafé browser un peu, puis vais boire une bière et ai une discussion intéressante avec un polonais branché Hare Krishna qui essaie de me convaincre de "sa vérité" (hier c'était un italien de tendance Ramakrishna, moins prosélyte. Le gars de l'hôtel me propose de me faire interviewer par la télé locale pour donner un commentaire positif sur la sécurité dans la ville, à la suite d'un fait divers pas bon pour le tourisme (une nana, une russe encore, s'est fait agresser il y a deux jours sur la plage, dans un endroit isolé). Je refuse sauf si c'est CNN International (salut Moustic!).

Je retourne au restau d'hier manger un nouveau kingfish grillé (trop bon).

 

Jeudi 21 janvier 2010

 

Je dois évacuer l'hôtel à 8h, pas pratique car mon train est à 20H.

Je file à la gare déposer mon sac à dos à la consigne, puis pars marcher le long de la plage. Observation des autochtones qui prient la mer avant de se baigner tout habillés, les promenades à chameau, les vendeurs de chichi local, les maitres-nageurs au chapeau pointu....

Je file ensuite boire une bière (Haywards 5000, la meilleure, 75R, c'est vraiment pas cher ici). Je reprends un cyclopousse pour le Wild Grass, restau mimi dans un jardin luxuriant, au look luxueux, mais les prix sont pratiquement les mêmes qu'ailleurs (je n'arrive pas à comprendre ça).

 

Vendredi 22 janvier 2010                            Calcutta

 

Calcutta, après une nuit dans le train. Je laisse mon sac à dos à la consigne et pars découvrir Calcutta. Il est 6h, le jour se lève. Je traverse le pont cantilever d'Howrah (c'est la banlieue ouest de Calcutta). Presque personne dans les rues, hormis les laissés-pour-compte de la société capitaliste indienne (bien que le gouvernement du Bengale soit communiste depuis 25 ans): ils se réchauffent près d'un minable feu nourri de papier et de plastique. J'arpente de grands boulevards aux immeubles décrépis, voire en ruine. J'ai un plan sommaire de la ville, sans échelle, ce qui va m'amener à marcher 1h30 avant d'arriver dans le quartier des hôtels de routards (Sudder Street). Plusieurs sont complets, d'autres d'une qualité infâme, je me décide à prendre plus cher (1100R) bien que ce ne soit pas le Ritz. Je pars ensuite marcher toute la journée, il fait beau et bon, je dois faire plus de dix km. La ville avec ses boulevards et ses parcs urbains immenses  fait aérée, malgré la circulation et la pollution affreuse. Je vais dans un vieux cimetière anglais du XIX ème, puis au Victoria Memorial, un monument grandiose érigé en l'honneur de la reine Victoria. Je fais un trajet en ferry pour aller chercher mon sac à la gare (j'adore les bateaux dans les villes). Je rencontre mes premiers rickshaws à traction humaine (pousse-pousse). Il y en a 40000 à ce qu'il parait, c'est la seule ville d'Inde où il en subsiste, mais il faut dire que c'est ici qu'ils ont été inventés (une bonne idée d'un charmant businessman anglais à la fin du XIX ème siècle). Beaucoup de mendiants couchés sur les trottoirs, seuls ou en famille. Il y a aussi les petits boulots de rue: "cuisiniers" préparant des repas rapides cuits sur un réchaud à charbon, la vaisselle est faite dans un bac d'eau saumâtre à même le caniveau, les verres sont des coupelles d'argile crue  jetées après usage. Il y a dentistes, des barbiers, des nettoyeurs d'oreille, des guérisseurs, assis par terre, aucune hygiène. J'entre dans le métro et à la vue du panneau "photos interdites", je demande au flic de faction si je peux prendre en photo le plan du métro affiché dans un coin. OUI. Je prends la photo, mais alors déboule le chef qui exige que j'efface la photo. J'ai beau dire que j'ai demandé l'autorisation à son subalterne qui tout d'un coup nie effrontément, que le plan ne contient aucun secret et que tout le monde peut le connaître, peine perdue, les consignes sont les consignes, la logique n'a rien à faire là dedans. Il me conseille d'acheter un plan en haut, dans la rue...

Je ne sais pourquoi mais cette ville me fait penser au Caire. Même ambiance aérée et poussiéreuse, partout des vigiles le fusil en bandoulière s'emmerdant royalement devant leur banque ou administration. Je trouve chez un bouquiniste un vieux Petit Futé Inde du Nord pour 200R qui va m'être bien utile (Frommer's est vraiment trop nul, je le revends 100R).

 

Samedi 23 janvier 2010

 

Je pars acheter mon billet de train pour Benares (Vanarasi, sa nouvelle appellation)  au bureau réservé aux touristes (qui bénéficient de places réservées). Ça me prend une heure car j'arrive au moment de la pause, mais j'ai une couchette assurée pou demain plus une autre pour Mumbai le 27.

Je tombe sur une commémoration officielle avec pléthore de flics pour l'anniversaire d'un héros de l'indépendance, doublée d’une manifestation monstre apparemment organisée par le parti communiste bengalais. Beaucoup de flics armés de bâton, de voitures blindées anti-émeute et de mini vans des "forces spéciales". Je change de quartier et file au musée, le plus ancien et le plus important d'Inde, très intéressant, plein de charme suranné, poussiéreux, et qui veut être exhaustif dans tous les domaines des sciences naturelles. J'apprends des choses: la première laque qui est un produit animal, la sécrétion d'un insecte microscopique et qui a été exploitée industriellement. Dans la salle des reptiles un panier avec 18 bracelets de cheville et 20 bagues constitue le contenu d'un crocodile tué dans le delta du Gange. Je prends ensuite le métro pour aller voir le temple de Kali, la déesse de la mort (mais aussi de la vie), qui a donné son nom à la ville (Kali ghât, Kolkotta, Calcutta). Le lieu est impressionnant, médiéval et miséreux.

Plein de pauvres hères allongés n'importe où par terre, ruelles étroites encombrées d'échoppes vendant de tout, notamment tout ce qui peut faire plaisir au pèlerin de base. Un soit disant brahmane m'entreprend pour me faire visiter le temple et passer devant tout le monde (car il y a une queue conséquente). Je refuse par principe et parce qu'il m'est antipathique. Je ne verrai pas l'intérieur...

Juste à côté, le premier dispensaire créé par Mère Thérésa, devant la porte pas mal de sans logis encore, avec femme et enfants, avec pour tout bien un bout de bâche en plastique...

Je rentre dans mon quartier civilisé (j'ai encore fait un paquet de kilomètres aujourd'hui) et m'achète un jean, pratiquement un clone de celui que je porte tous les jours: 800R. Bon poulet tandoori dans un restau musulman un peu chic (Alladin, rue Free School).

 

Dimanche 24 janvier 2010

 

Je quitte cet hôtel de merde (le plus mauvais de mon voyage vu le prix ( 1050+taxes=1200R): pas moyen de dormir avant minuit, vue l'agitation des clients en goguette, et réveillé par des coups de marteau dès 7h, because des travaux tout près de la chambre. L'eau chaude "24h/24h" ne fonctionnait pas et en plus le réceptionniste garde 5 roupies car soit disant il n'a pas la monnaie!

Par contre j'ai repéré hier soir un restau spécialisé dans la cuisine du sud, et j'y cours pour me payer un bon masala dosa, ça me manquait. En route je passe près d'un pauvre hère couché en travers du trottoir et qui dort dans sa merde toute fraîche. Mais j'ai trop faim pour me laisser couper l'appétit.

Une heure de queue pour mettre mon sac à dos à la consigne puis je file à pied vers le nord-est pour voir un temple jaïn réputé (le temple Paresnath). Au bout d'une marche éreintante je me retrouve dans des quartiers improbables (de plus en plus de familles sdf sur les trottoirs), je ne sais où je suis réellement (le Petit Futé c'est sympa, mais leurs cartes n'ont pas d'échelle, ce qui est très gênant quand on arpente la ville à pied). Bref, je hèle un rickshaw qui m'amène au temple, prenant d'autres passagers en route (ici ils sont collectifs et cantonnés à certains quartiers). Le temple est superbe, tout d'argent et de miroirs. Comme d'hab le "guide" de service me gâche un peu la visite, j'arrive à ne rien lui donner en me montrant antipathique, mais quand je veux sortir, c'est le "portier" qui exige un bakchich pour me laisser sortir! (il a fermé la porte avec un cadenas); j'en suis pour 10 roupies.

Je prends un taxi pour aller au Millenium Park, le jardin public sympa en bord de fleuve. J'y traîne un bout de temps puis passe le reste de l'après-midi au "Floatel", un hôtel flottant 3 étoiles tout proche où je m'enfile 2 Foster's bien glacées (je sais c'est pas bien mais j'adore) avec des cacahuètes (ce sera le seul repas de la journée).

 

Lundi 25 janvier 2010                                Benares

 

Benares après une nuit éprouvante dans le train (17h dans le froid, heureusement j'avais mon duvet, mais c'était juste). Mon voisin de couchette est un canadien étrange qui dessine des trains tous tordus. Je n'ai pas tout compris de ce qu'il m'a dit because mon pauvre anglais, mais il n'était pas net (après m'avoir proposé à manger et un médicament quand j'ai prétendu être dérangé, il m'a parlé des agressions de touristes à l'aide d'aliments drogués. A l'arrivée il s'est levé et est parti sans dire au revoir.

Arrivée à Benares donc. J'étais au courant que la ville est réputée pour ses conducteurs de rickshaws malhonnêtes et âpres au gain. Aussi j'ai rusé: j'ai laissé mon sac à la consigne de la gare puis ai négocié un prix correct pour me rendre près du Gange. Là j'ai pu chercher un hôtel sans être trop ennuyé par les rabatteurs. Ensuite je suis retourné chercher mon sac à dos. J'ai écarté un paquet de rabatteurs en route et mais un dernier plus têtu me précéda en arrivant à mon hôtel (dans le but de percevoir une commission). Je lui ai agité les clefs de la chambre sous le nez: "trop tard!"

J'ai déjà fait connaissance avec la circulation chaotique des villes indiennes, mais là c'est le pompon.

Un merdier indescriptible, aucune règle, toutes sortes de véhicules roulent dans toutes les directions et de tous côtés, à droite, à gauche. Un embouteillage monstre à l'approche des ghâts, mon cyclo-pousse a eu trois accrochages entre la gare et le lieu de dépose, dont l'un avec une moto mais il a dénoncé le rickshaw qui nous suivait comme quoi il l'aura tamponné: le motard s'est élancé sur l'autre conducteur et lui a envoyé un coup de poing.

L'ambiance est tendue, l'air pollué, le bruit (klaxons) insupportable.

Sinon la vue sur le Gange embrumé, les marches d'escaliers qui s'étendent sur deux ou trois kilomètres où rêvassent des saddhus extatiques, les bûchers où brûlent les cadavres qui sont amenés sur une civière en flux tendu, les bougies qui flottent au fil de l'eau. Pas mal, mais ce n'est pas aussi magique que je pensais. IL y a étrangement peu de monde, moi qui m'attendais à des foules en délire. Je sature sans doute, trop de sensations depuis trop de temps, mais au lieu d'assister à une cérémonie en grande pompe sur un de ghâts (escalier menant au Gange) où sont mêlés plusieurs groupes de touristes en voyage organisé (des retraités), je vais manger un riz sauté aux petits légumes. J'assiste juste à la clôture de l'évènement.

 

Mardi 26 janvier 2010

 

La chambre est glacée et humide, j'ai du mal à sortir de mon duvet.
Aujourd'hui c'est fête nationale, mais je n'en verrai rien. Je pars explorer de bon matin les ghâts que je n'ai pas vus. Pas grand monde et surtout pas de touristes. La brume se lève vite laissant le soleil du matin éclairer les façades colorées. C'est assez beau. J'assiste à une crémation complète pendant une heure, un pauvre vieux dont je vois les pieds puis le crâne se carboniser, le reste du corps est sous les bûches. C'est assez impressionnant. Mais comme tout en Inde c'est fait dans le bordel. Au même endroit, relativement restreint, il y a les gars qui déchargent les troncs d'arbre et branches qui sont débités derrière (pour les bûchers), les familles qui arrivent et font tremper le corps du défunt dans l'eau, les vendeurs de bois, les croque-morts qui entretiennent les feux, les vaches qui sont allongées n'importe où et les bandes de chiens qui se battent là haut milieu (il y a énormément de chiens en bandes rivales dans la ville), sans oublier les badauds. Il y a un rituel tout simple, sans flonflon, un prêtre fait des prières et pose des boules d'une pâte non identifiée sur le cadavre, l'enveloppe de fumées d'encens, mais pas de musique, tout très simple, je dirais presque "bâclé".

Certains ghâts sont dédiés au lavage du linge qui est ensuite laissé à sécher par terre, je dis bien par terre, là où les vaches défèquent, le gens marchent, les chiens pissent (on peut intervertir verbes et noms, c'est juste aussi). Propreté toute relative donc.
Je déambule tranquillement quand je vois arriver devant moi... un avignonnais. Et pas n'importe lequel, une figure, le gars au dreadlocks, la soixantaine, qui tenait un magasin de jeans branchés à l'époque et qu'on voit traîner l'été du côté de la place de l'horloge. Je lui ai un peu parlé mais il planait à deux mille...

Sinon j'ai assisté le soir à la cérémonie (puja) touristico-religieuse que j'ai raté hier. Intéressant, beaucoup de monde, beaucoup de fumée...

Je finis la soirée dans un restaurant japonais, mais oui, un peu long en cuisine (45mn) mais excellent et pas cher.

 

Mercredi 27, Jeudi 28, Vendredi 29 janvier 2010

 

Le soleil est de retour sur Benares, mais je dois m'en aller, j'ai mon train pour Mumbai à 11H. Je décide de ne pas m'arrêter à Mumbai, aussi j'achète un billet Mumbai-Magdaon (Goa) (la dernière place en vente à ce qu'il paraît, quota étrangers), j'aurai un battement de 9h entre les deux trains.

Une longue galère va commencer mais je le prends avec beaucoup de philosophie.
Le train pour Mumbai ne partira qu'à 16h30, mais je resterai à l'attendre sur le quai en plein soleil car il n'y a aucune info sinon qu'il faut attendre. Ensuite 28h de train inconfortable. J'avais pris un sleeper normal, la couchette du bas (je ne pense jamais à demander la couchette du haut), c'est à dire qu'en dehors de la nuit ma couchette est à la disposition de tout le monde, même de ceux qui n'ont rien à faire en couchette. En face de moi il y avait un gamin qui avait une oreille pleine de pus et de sang qu'il triturait allègrement, puis il venait se frotter à moi, jouait avec ma bouteille d'eau; le père avait les pieds plus crades que ce qu'on peut imaginer, il les posait tranquillement sur mon sac à dos qui était sous ma banquette. Bref, un peu dégouté bien que je me croyais blindé. Un jeune est venu me parler, un peu étrange, il se prétendait jeune marié depuis deux jours, mais il me paraissait homo, un peu trop aimable et tactile à mon goût, d'autant qu'il a prétendu que le mariage était secret car le père de la fille n'était pas d'accord, et quand il m'a montré la photo de la mariée, on aurait vraiment dit un hijra (eunuque ou transsexuel)...

Arrivé à Bombay des jeunes me disent que comme le train arrive en retard, il s'arrête à une autre gare que prévu (merci pour l'info car il n'y a aucune information officielle). Je demande en gare où prendre un train pour la gare terminus puis prends un train de banlieue et arrive enfin à 21h à Victoria Station. J'ai deux heures à attendre avant de monter dans mon prochain train, je file à mon restau préféré de Mumbai, près du Welcome Hotel (Punjab Restaurant je crois). Je me paye un excellent repas pour 600R bières comprises, ça fait du bien car je n'avais pas mangé grand chose depuis trois jours. Je suis vexé car le vieux serveur destroy ne m'a pas reconnu, j'y allais presque pour lui (ça m'amusait de le voir tout excité quand je lui donnais un pourboire). Du coup c'est un autre qui m'a servi, je lui ai donné un pourboire minimum et il m'a fait la gueule...

13h de train beaucoup plus confortable (3ème classe climatisée), j'arrive à Margao (Magdaon) à midi et me précipite dans un hôtel un peu cher mais très confortable (875R). Lessive et décompression.
 

Samedi 30 janvier 2010                             Goa

 

Repos et détente. Je vais me faire raser pendant qu'un couturier me fait un ourlet à mon nouveau jean.

Balade dans le marché couvert de Margao, seule attraction touristique de la ville.
Je file ensuite à Colva, la plage la plus proche. J'ai un bon feeling, nonobstant le commentaire de Lonely Planet. Je marche une partie de l'après midi sur la plage entre Colva et Benaulim (que je sens moins). Entre les deux villages il y a un hôtel carrément en bord de mer avec une plage très propre et personne. Je me laisse tenter et réserve pour  les deux jours à venir.

Le soir je retourne au restau "Venice" où j'avais bien mangé. Je mange encore bien (riz au chorizo et crevettes sauce piquante) mais ils tentent de m'arnaquer sur l'addition. Ils ne savent pas à qui ils ont à faire,  je mémorise toujours le total quand je commande. Du coup ils me font payer moins que ce que je dois... Mais bon, c'est chiant d'être toujours sur ses gardes. De retour dans ma chambre je m'aperçois quer j'ai le dos et les bras couverts de petites plaques rouges: le chorizo?

 

Dimanche 31 janvier 2010

 

Je me réveille avec une petite fièvre et les plaques rouges sont toujours là. Je suspecte fortement le chorizo. Je prends le bus pour Colva où un employé de l'hôtel m'attend pour m'amener à l'hôtel (la classe!).

La chambre est dans un bungalow à l'écart des autres, bien pour la tranquillité mais pas pour attaquer des relations de voisinage avec les russes (il n'y a que ça ici, plus quelques retraités anglophones ou français que j'évite soigneusement). Je trouve un serpent endormi dans la salle de bain, je le jette dehors, il parait qu'il n'est pas venimeux.

Bain de soleil et de mer, la plage est proche de la perfection, propre, composée de sable blanc fin comme de la farine, la température de l'eau est parfaite, pas trop chaude, elle permet de se rafraichir. Comme on est à un kilomètre de l'accès voiture (Colva), il n' y a presque personne. Malheureusement ma bactérie maligne continue son travail,  je suis pris d'une forte diarrhée alors que je me promène dans Colva en fin d'après-midi. J'attaque un régime riz-banane-immodium (un gin tonic aussi, je ne sais pourquoi mais je sens que ça me fera du bien).

 

Lundi 1 février 2010

 

La fièvre est toujours là (39) ainsi que les plaques rouges, par contre la diarrhée a cessé. Je ne mange que des bananes et oranges, je bronze et me baigne (cette plage est vraiment top).

Le soir je mange un sizzler de légumes (légumes cuits au four) précédé d'une Bloody Mary (je pense que c'est anti-septique).

 

Mardi 2 février 2010

 

Les plaques s'estompent, plus de diarrhée, fièvre toujours présente mais moins forte.

Je fais un petit jogging de bon matin sur le sable humide, mais c`est dur, je continue une heure en marchant.

Je bronze et fais trempette. Ça baigne.

 

Mercredi 3 février 2010                              Gokarna

 

Je pars à la gare de Margao (en bus puis moto-taxi, car je n'ai pas pu négocier un prix correct avec les taxis de Colva).

J'achète les billets de train pour dans 10 jours (mon retour à Mumbai et les trains pour aller en famille au Rajasthan).

Alors que j'allais quitter la gare, je vois la liste des horaires de trains au départ de Margao, et vois que le train pour Gokarna part dans deux heures. Je comptais aller aujourd'hui à la plage d'Agonda, à 40km d'ici et Gokarna dans quelques jours. Mais je change d'avis et vais au guichet faire la queue pour acheter un billet pour Gokarna. Bon, quand mon tour arrive les employés partent en pause (c'est du déjà vu), quand ils reviennent on me dit que les billets ne se vendent qu'une heure avant le départ et on est à une heure trente. Bon j'attends et finis par avoir mon billet. Je file manger un thali au restau de la gare, et alors que je sors j'entends qu'un train est sur le point de partir. Bon Dieu, c'est mon train. Je demande a un employé du train s'il va bien à Gorkarna, il me dit "oui, il va dans le Karnataka" (Gokarna se trouve au nord du Karnataka).

Je cherche le wagon de 2ème classe mais ne le trouve pas et monte dans le train en marche, wagon 2ème classe climatisée (plus cher que ce que j'ai acheté).

A peine monté je tombe sur le contrôleur et je lui demande si je peux rester dans l'espace entre les deux wagons, car je n'ai pas trouvé le wagon de 2ème.

"Billet!"

Je lui tends le billet et il se met à l'analyser longuement à tel point que je crois qu'il est sacrément presbyte. Mais son visage se transforme, les sourcils se froncent, un rictus déforme sa bouche, les traits se figent: il se compose le masque de l'Autorité.

"Ce billet n'est pas bon, vous n'avez pas le droit d'être dans ce train. Il ne s'arrête pas à Gokarna et il n'y a pas de 2ème classe.

- Ah bon, mais il s'arrête où alors?

- A Karwar.

- Bon, je descendrai à Karwar (je sais que c'est l'arrêt juste avant Gokarna).

- Non, non, vous n'avez pas le droit d'être là, il faut payer l'amende de 1000 roupies!"

Pas futfut le mec, je l'ai vu venir. Je lui dis que l'amende c'est pour les resquilleurs, moi j'ai un billet, je me suis trompé de train mais c'est pas de ma faute, il n'ya pas de numéro de train sur le billet, mon train partait en même temps que celui-là et dans la même direction et un employé du train m'a confirmé qu'il allait à Gokarna. Je suis très ferme, il proteste mollement.

"Restez ici, ne bougez pas, je reviens tout à l'heure" qu'il me dit, et il file faire sa tournée.
Plusieurs employés du train viendront me voir et joueront au contrôleur pour tenter d'obtenir un bakchich, mais peine perdue,  je suis dans mon bon droit et ils n'auront rien.

Ce train est super rapide et en 45mn nous voilà à Karwar. Je descends et n'aurai pas revu mon contrôleur. Quand le train redémarre un des employés me fait un signe de connivence par la portière ouverte.

Je vais attendre mon train (le bon) pendant 3 heures sur le quai car il a du retard.

Plein de touristes dans ce train, c'est pas bon signe. Arrivé à Gokarna Road, c'est la gare à 10km du village, une flopée de rickshaws et taxis attendent en exigeant des prix indécents pour aller en ville. J'attends un peu que la majorité des touristes partent puis propose à 3 routards de partager un taxi que j'ai négocié à 150R. Quand on monte à 4 le chauffeur fait la gueule et tente de nous extorquer 200, mais on reste fermes.

Je vais dans un hôtel indiqué dans Lonely Planet, bonne adresse, propre, pas cher et bien situé, au centre du village (300R).

Je vais voir le coucher du soleil sur la plage. Le village est sympa, il fait moyenâgeux, des ruelles étroites et tortueuses, avec plusieurs temples populaires (Gokarna est un lieu de pèlerinage) et une exploitation touristique bon enfant.

Je mange un bon curry de noix de cajou et amandes.

 

Jeudi 4 février 2010

 

Je visite les trois plages au sud de Gokarna: Kundle, Om et Half Moon. Très chouettes plages en forme de crique, avec cocotiers, palétuviers, sable doré, séparées par des promontoires de roche volcanique noire. Peu d'exploitation commerciale et immobilière car pas d'accès direct en voiture. Pour atteindre la 3ème il faut marcher une heure et demi. Restaus et huttes en bois et feuilles de palmier. Jeunes branchés, vieux babas tendance canal historique, et pas de russes (ouf). Malgré ce que peuvent dire des jeunes de 25 ans à la mine blasée "c'est nul, ce n'est plus le paradis d'il y a dix ans", cette côte est vraiment superbe, c'est sans discussion aucune les meilleures plages que j'ai vues en Inde. Il n'y a que l'eau qui n'est jamais aussi limpide et turquoise qu'on le voudrait...

 

Vendredi 5 février 2010

 

Retour sur Kudle beach où je passe la journée. Bronzette, momos tout chaud (raviolis tibétains), bière fraîche.

 

Samedi 6 février 2010

 

Petite excursion à Murudeshwar, à 70km de Gokarna (2h de bus quand même). Site superbe, un Shiva de 40m de haut tout d'or et d'argent (peinture) trône sur une butte gazonnée en bord de mer. Tout près un temple dans les mêmes couleurs et un gopuram tout gris de 80m de haut! Deux plages superbes (bien que pas très propres) de chaque côté de la butte. Et un petit village de pêcheurs autour. L'endroit est adorable.

Pendant que j'attends le bus pour rentrer, je vais boire une orangeade dans un stand de bord de route. La patronne a des yeux extraordinaires (je le lui ai dit d'ailleurs), vert fluo, vert Stabilo! (j'ai acheté hier des colliers en bois de santal à un mec qui avait des yeux pareils). Sur un visage à la peau presque noire ça fait un effet saisissant.

Le soir bon sizzler de poulet arrosé de bières (j'ai enfin trouvé dans le village un restau qui n'est pas strict végétarien).

 

Dimanche 7 février 2010                            Palolem

 

Je décide de bon matin de changer de coin. Je file à la gare routière et prend un bus pour Palolem, dans le sud de Goa, à 150 km d'ici.

Je prends une chambre pas terrible mais pas chère (300R), ce qui est une bonne surprise car Palolem est une station balnéaire très cotée.
Il faut dire que le site est magnifique: grande plage en arc de cercle frangée de cocotiers, des rochers de granit polis, un peu comme aux Seychelles, des îlots, de petites criques sur les côtés. Bref, la carte postale de la plage tropicale.

Beaucoup d'exploitation commerciale, mais moins que je craignais.

J'arpente la plage dans tous les sens avant de manger un sea food sizzler: arnaque totale, en fait de poisson je ne trouve que les arêtes plus quelques anneaux de calmar (et 2 cheveux).

 

Lundi 8 février 2010

 

Je file à la plage d'Agonda, pas très pratique car il faut partir en arrière à Chaudi et là changer de bus pour Agonda. En fait le bus me laisse à l'intersection à 2km du village. Je trouve une bonne chambre pour 400R que j'ai âprement négociée auprès de la patronne. A tel point que son fils l'engueule et me demande de ne rien dire aux autres clients qui payent entre 600 et 850 roupies. Il me demande aussi de manger le plus souvent possible à son restaurant...

Agonda est tranquille, peu de monde sur la plage et exploitation commerciale à son début. Mais la spirale infernale est en route, la cocoteraie longeant la plage est déjà pratiquement remplie de bungalows, huttes et hôtels. Plage très propre, rectangulaire (bornée aux deux bouts par un promontoire arboré et un cours d'eau), plus grande que celle de Palolem.

 

Mardi 9 février 2010

 

Plage. Je mange effectivement au restau de l'hôtel car c'est bon et ça m'évite de marcher pour rien (l'hôtel est en bout de plage, du côté le plus tranquille).

 

Mercredi 10 février 2010

 

Je retourne à Margao en bus. Un quidam, puis un autre m'ont dit qu'il y avait grève des bus aujourd'hui, ce qui était à moitié vrai (c'étaient les bus privés, pas publics). Bien sûr les bonnes âmes qui m'ont averti avaient pour profession l'honorable profession de conducteur de taxi ou de rickshaw... Je ne les ai pas écouté et suis arrivé à bon port.

Je retourne à l'hôtel Margao Residency qui m'avait bien plu. Petit tour à la plage de Colva boire un verre.

 

Jeudi 11 février 2010

 

Je traîne toute la matinée puis vais attendre 5h sur le quai mon train de nuit pour Bombay.

 

Vendredi 12 février 2010                            Mumbai

 

Bombay 6h du mat. La ville est calme, silencieuse, presque personne dans les rues. Je prends plaisir à arpenter les métropoles au petit matin: c'est comme un négatif de la ville dans la journée.

Bombay m'apparait particulièrement propre, après avoir vu Calcutta et Bénarès elle est effectivement propre. Je vais même dans un petit restau où j'étais allé au début de mon séjour, le prenant pour un boui-boui tout juste correct, alors qu'en fait c'est un restau tout ce qu'il y a de plus convenable, genre classe moyenne supérieure. Elle est moins pauvre aussi que ce que je percevais, il n'ya pas énormément de sans logis sur les trottoirs, les services municipaux fonctionnent, les bâtiments du centre ville sont en général en bon état bien que vieux. Ma perception a pas mal évolué, je me suis calé sur la réalité indienne.

Je me balade au Chok Bazar, "le marché des voleurs", où je trouve une montre à gousset mécanique (fausse antiquité)  qui plaira peut-être à Renaud. Je croise beaucoup de gens endimanchés, des offrandes dans les mains: ils se dirigent vers les temples dédiés à Shiva, c'est sa fête aujourd'hui (une de plus).

Je passe devant un cinéma assiégé par une escouade de flics armés de gourdins: c'est le renforcement de la sécurité auprès des cinémas qui diffusent  "Mon nom est Khan" à partir d'aujourd'hui avec en vedette Shah Ruk Khan. SRK comme ils l'appellent ici est dans le collimateur des fachos hindous du Shiv Sena pour ses propos apaisants sur les relations avec les musulmans et le Pakistan (ils ont saccagé plusieurs cinémas hier et appellent au boycott du film).

Je me paye une ballade en bateau, la traversée de la baie vers Malwan (1h15), histoire de prendre l'air. A Malwan rien à voir rien à faire, je bois un coup puis reviens.

Je vais ensuite à la fête de Kala Bhoda, un quartier de Mumbai (Bombay) près de Colaba. Fête culturelle et artistique bon enfant, ça me permet de voir la petite bourgeoisie "Mumbaikar" dans ses loisirs. Il y a des concerts, théâtre, danse et cinéma, tout gratuit, des dizaines de stands d'artisanat, des expos photo, mais il y a tellement de monde que je ne reste pas longtemps, c'est oppressant. Au retour je tombe sur une gargote qui fait des brochettes, des vraies, sans sauce ni masala, ni rien, et bien cuites en plus. Je me régale et reviens même en arrière pour en racheter une.

 

 

Samedi 13 février 2010

 

Je pars un peu tôt pour l'aéroport, je dois attendre 3h l'arrivée de Fanou et Renaud. Mauvaise surprise, on ne peut pas entrer dans l'aérogare sans billet. J'avise un comptoir pour "entrée des visiteurs, 60 roupies". J'achète le billet mais c'est de l'arnaque, c'est juste une pièce climatisée close avec baies vitrées donnant sur le hall des départs!!

Arrivée de Renaud et Françoise en forme.

Nous filons à l'hôtel puis nous baladons jusqu'à la nuit tombée, à la fête de Kala Bhoda notamment.

 

Dimanche 14 et lundi 15 février 2010

 

Nous marchons énormément, je les emmène dans tous les lieux que je connais. Je réussis enfin à entrer dans le temple de Mahalaxmi (c'est mon 3ème essai).

Lundi nous avions prévu d'aller à l'île d'Elephanta mais c'est jour de relâche, du coup on traîne sur Marine Drive puis prenons le train de nuit pour Ahmedabad (c'est le "TGV" indien, le fleuron des chemins de fer; il met quand même 6h pour faire 400km).

 

Mardi 16 février 2010                                 Ahmedabad

 

Arrivés à Ahmedabad, capitale du Gujarat à 7h du matin.

Nous traversons le centre ville endormie (les villes indiennes se réveillent à 10h). C'est le calme avant la tempête car le reste de la journée ce sera un tourbillon de gens, de rickshaws, de scooters, de bus et autres véhicules empêtrés dans des embouteillages monstres dont ils essaient de sortir en klaxonnant comme des malades.

Nous visitons une grande mosquée et des bazars superbes. La ville est à majorité musulmane et on se croirait en Afghanistan, au Maroc, en Egypte.

Les gens sont extrêmement gentils, un petit vieux nous a offert un café, comme ça, juste pour discuter un moment.

Renaud avec sa bouille sympathique est souvent interpellé, souvent des jeunes, mais aussi des vieux. On nous offre une carotte rouge sang au marché aux légumes, encore du thé ou du café qu'on refuse... Les gens d'ici sont vraiment très ouverts et souriants et ne nous regardent pas comme des porte-monnaie ambulants.

On va visiter aussi un puits-citerne très ancien, oeuvre superbe: plusieurs étages en pierre de taille s'enfoncent dans le sol jusqu'à l'eau. Tout est sculpté.

 

Mercredi 17 février 2010                            Rajasthan

 

Train de nuit jusqu'à Udaipur, Rajasthan. Il a mis 9h pour faire 250km, mais ça nous a permis de bien dormir (quand nous nous sommes réveillés tout le monde était descendu du train).

La ville est un vrai bijou architectural. Entre le quartier populaire plein de venelles labyrinthiques aux maisons blanches et décorées de dessins divers et les palais sur le bord du lac avec balcons, loggias et vérandas ouvragées, on ne sait où poser les yeux.

Le palais du Maharadja actuel est une pure merveille, imposant et luxueux. Un vrai palais des Mille et une nuits.

On va dans une agence de voyage acheter un billet de bus pour Jodhpur, mais le gars nous propose en plus un billet de train pour aller à Jasailmer. Ca m'étonne car à la gare ils n’ont pas pu me le délivrer car il ne restait plus que 2 places pour étrangers, mais le gars prétend que c'est le quota d'urgence accessible uniquement par internet. Il édite le billet avec MSWord, ce qui me fait tiquer, mais ses explications sont convaincantes. Soit, on tente le coup, on verra bien si c'est de l'arnaque ou pas.

Renaud s'achète un turban, ça lui va bien, il compte le porter tous les jours.

 

Jeudi 18 février 2010

 

Long  trajet en bus à travers le Rajasthan. C'est très sec, de grandes distances sans villages.

Nous arrivons à Jodhpur la nuit venue. Le car nous jette sur un boulevard, les sacs couverts de poussière (ils jouaient à cache-cache dans la malle pas étanche avec la roue de secours). Comme par hasard des rickshaws nous y attendent. On donne comme destination la tour de l'horloge, au coeur du vieux quartier.

 Mais il n'apprécie pas qu'on refuse de parler d'hôtel où dormir, il nous laisse devant un hôtel où il a sans doute une commission et non là où on lui a dit (la tour de l'horloge). Recherche épique de la guest house dans le labyrinthe de ruelles très anciennes. Pour éviter qu'un rabatteur nous précède à la guest house qu'on a choisi, on demande notre route en nommant une autre guest house qu'on sait être voisine, la Shanti GH.  On voit tout à coup débouler le rickshaw qui prétend qu'il a au téléphone le patron de la Shanti Guest house qui veut me parler car j'ai réservé. Je l'envoie balader, mais quelques rues plus loin un mec à moto nous rattrape et dit que je suis Mister James Okley et qu'on m'attend à La Shanti GH. C'est assez dément comme situation, on dirait qu'ils se transmettent les infos à distance. Bref, et après s'en être débarrassés et refusant de répondre à toutes sollicitations, on arrive à bon port.

 

Vendredi 19 février 2010

 

Visite de la forteresse de Jodhpur et de son palais. Impressionnant par l'architecture, le luxe et la finesse des ouvrages. Balade dans les bazars et rues commerçantes. Mais c'est très fatiguant, les rues sont enveloppées d'un nuage de poussière qui entre par la bouche et le nez. Circulation chaotique après 17h...

Train de nuit pour Jasailmer. Avant de monter nous allons au restau près de la gare puis boire une bière dans un bar à côté. Alors que le train s'apprête à démarrer, nous voyons débouler le serveur du bar qui dit qu'on ne l'a pas payé et veut l'argent maintenant (comme il n'était pas là quand on est parti, on a payé à un autre). Nous lui affirmons qu'on a bien payé et il s'en va sans trop insister. Mais comment a-t-il su dans quel wagon nous étions, mystère. La scène était quand même assez surréaliste.

 

Samedi 20 février 2010

 

Nous voilà à Jasailmer, dans une région désertique. Arrivés à 5h du matin, nous passons le barrage des conducteurs de rickshaws et montons jusqu'à la citadelle où nous attendons le lever du soleil sur un bastion.

Toute la ville est ocre doré, surtout la forteresse qui la domine (genre Cité de Carcassonne du désert). Visite intéressante du palais à l'architecture imposante et sophistiquée. Tout autour, le désert (de pierre).

Visite aussi d'un haveli (maison seigneuriale) très ancienne, le guide est passionnant mais la visite dure trop longtemps. Alors que j'hésite à lui donner un pourboire, il me dit qu'il veut un minimum de 50R ou rien. Il a été satisfait (deuxième proposition).

 

Dimanche 21 février 2010

 

Nous prenons un rickshaw pour visiter les environs: un village fantôme, un ensemble de cénotaphes royaux perdu au milieu d'un champ d'éoliennes et un temple jaïn très mignon.

Nous prenons le train de nuit pour Jaipur à 17h. En gare se trouve le fameux "Palace on Wheels", ancien train du maharadja de Jasailmer, devenu train de luxe pour touristes fortunés (2200$ la semaine).

 

Lundi 22 février 2010

 

Arrivés au petit matin à Jaipur, on a d'entrée un mauvais feeling qui va se confirmer tout au long de la journée.

Nous tentons de rallier l'hôtel qu'on a choisi à pied, mais il fait nuit et les lieux ne correspondent pas au plan qu'on a (en fait un viaduc est en construction dans le secteur, avec modification des rues du quartier. On prend un autorikckshaw qui surfacture comme d'hab. L'hôtel est complet, on va voir en face, mais c'est un hôtel borgne. Un peu plus loin une autre guest house, pas chère et plutôt propre. On la prend. Mais il es 6h du mat c'est calme et nous ne voyons pas qu'il n'y a pas de vitres à la fenêtre qui donne sur la réception: la chambre sera aux premières loges pour tous les bruits de l'hôtel, mais nous serons tellement fatigués que nous dormirons très bien quand même.

Visite du parc astronomique créé par un maharadjah éclairé, on dirait un musée en plein air surréaliste: les instruments de mesure sont des constructions aux formes étranges parfois très imposantes (un cadran solaire d'une précision de 20 secondes!!).

Vue de l'extérieur du "palais des vents", en fait une façade très jolie (ocre rose comme les autres monuments de la ville) en forme de pyramide.

Nous sommes sollicités en permanence par des tas de gens qui essaient de gagner quelques roupies sur notre compte. C'est très irritant car ça n'arrête pas, et les quelques rencontres qui semblent sincères se terminent toujours par une proposition commerciale (tour en rickshaw, hôtel pas cher, pashmina, restaurant, guide)...

Nous filons à 10km en bus à Amber, ex-capitale moghole où trône un chateau-fort-palais assez impressionnant. Il se trouve dans un secteur de collines que ses remparts escaladent tout autour: on dirait la muraille de Chine. La partie réservée aux femmes (le "Zenana") est un labyrinthe de couloirs entrecoupés de terrasses et d'appartements. Belles salles d'audience (diwan) tapissées de miroirs, pâte de verre et mosaïques).

Il se met à pleuvoir au retour. Circulation très pénible, nous rentrons à l'hôtel crevés.

 

Mardi 23 février 2010                                 Agra

 

Nous partons en bus "de luxe" pour Agra, à 250km (5h).

Lonely Planet et le Routard mettent en garde contre les arnaques en cours au Rajasthan, à Delhi et à Agra. Nous entrons rapidement dans le vif du sujet dès l'arrivée: le contrôleur du bus me dit qu'il y a un arrêt très pratique pour les touristes près du Taj Mahal avant d'arriver à la gare routière.

Je lui dis, d'accord, qu'il m'avertisse quand on y sera. Pourtant ça me turlupine car j'ai le plan de la ville, le Taj est à l'Est, la gare routière à 3km à l'Ouest, et nous venons de Jaipur, plein Ouest. Donc je ne vois pas pourquoi on arriverait près du Taj avant la gare routière. Arrivé dans la ville il nous dit que c'est ici, on doit descendre. On descend pour prendre les sacs dans la malle, les chauffeurs de rickshaw sont là, souriants. Je demande où est le Taj Mahal car je ne le vois pas. "A 15km" me dit ce gland de contrôleur. "15km? Tu appelles ça descendre près du Taj Mahal?" "Non, non, 8km" me dit un chauffeur de rickshaw. Ok, demi-tour, on remonte dans le bus. Ils sont tellement accros au pognon qu'ils espèrent nous extorquer qu'ils en oublient le bon sens et nous prennent pour des débiles. Arrêt près de la gare routière, sur le parking d'un hôtel...

Le contrôleur se fait transparent quand on récupère nos sacs. On tente de négocier une course en rickshaw pour aller près de la porte Est du Taj (où se trouve l'hôtel qu'on a choisi, mais on n'en parle pas). Ils ne veulent pas descendre sous 50R, nous partons à pied. Un jeune conducteur nous rattrape, d'accord pour 40R. On monte mais 50m plus loin il s'arrête pour discuter avec deux autres mecs qui nous regardent à la dérobée. Ok, on a compris, nous descendons et repartons à pied. Le rickshaw nous devance pour avertir ses collègues mais nous marchons sans faillir. Un peu plus loin un rickshaw passe que nous prenons (pour 50R) direction la porte est. En fait il nous arrête devant un hôtel de la porte sud, mais grâce au plan de Lonely Planet je sais où on est et finissons la course à pied. L'hôtel (très bien) est complet mais a un annexe pas loin pas mal non plus et pas cher. Coucher de soleil sur la Taj Mahal depuis la terrasse de l'hôtel.

On finit la soirée dans la fête foraine qui est juste à côté (délicieux poulet à la braise).

 

Mercredi 24 février 2010

 

Levés à l'aurore pour être les premiers au Taj. Mais c'est sans compter sur la spécificité indienne. Nous faisons un kilomètre à pied et arrivons à la porte Est du palais à 6h, heure d'ouverture théorique signalée par Lonely Planet. Le portail est fermé. Une pancarte et un rabatteur nous indiquent qu'il faut acheter le billet dans l'aire de la fête foraine, à un kilomètre, c'est à dire juste à côté de notre hôtel! Nous repartons chercher les billets (750 roupies par personne quand même) et revenons en navette électrique gratuite (500m, le reste à pied). Un queue conséquente s'est formée et va s'allonger jusqu'à 7h moins dix, heure d'ouverture effective des portes. Fouille corporelle par des flics équipés de gilets pare-balles. Renaud est refoulé car il a un carnet à dessin, des crayons et ses pastels (il voulait faire une aquarelle du Taj). Il laisse pastels et carnet dans une échoppe à côté, les flics confisquent les crayons.

Ouf, on entre enfin dans l'enceinte, longeons un grand bâtiment rouge, entrons par une porte monumentale et nous retrouvons nez à nez avec le Taj Mahal nimbé de brumes. Le soleil se lève doucement créant un éclairage doux et doré à travers la brume. Vision onirique. On a toujours peur d'être déçu par les lieux réputés être exceptionnels, mais encore une fois la réalité dépasse les images vues à la télé et dans les magazines. Le palais est construit de marbre blanc mais où chaque pierre possède une légère nuance différente des autres ce qui lui donne un relief, un satiné, une brillance très particulière. Le soleil levant ajoute une nuance dorée, la brume une nuance bleue... Nous mitraillons le palais, les jardins et la mosquée attenante sous tous les angles. Nous restons presque trois heures sur les lieux car malgré le monde (pas la foule) l'ambiance est sereine et apaisante. Après avoir récupéré nos sacs nous voilà de retour dans la jungle urbaine; harcelés par les rabatteurs, vendeurs et conducteurs de rickshaw...

Nous tentons d'obtenir la course vers la gare pour le même prix qu'à l'aller, mais ce n'est pas aussi simple. On trouve un conducteur qui accepte 70R pour aller à la gare routière en passant par le Fort Rouge qu'on veut voir de l'extérieur. Il se fait pourrir par ses collègues agressifs qu'on avait envoyé balader. Ça semblait bon signe mais en route un autre chauffeur monte un instant et lui parle. Aussitôt après il commence à nous parler de gare routière privée, de bus d'Etat pas bien... On l'envoie sur les roses, mais comme par hasard on se retrouve devant une gare routière différente de celle à laquelle on lui a demandé d'aller. Je me montre agressif et exige d'être amené à la bonne gare immédiatement. Il n'insiste pas.

La gare est bordélique, les bus archi-vieux et déglingués. Les gens ne sont pas sympas, on cherche un bus "de luxe" comme à l'aller mais impossible de savoir où et quand le prendre. On finit par prendre le bus le plus pourri de la gare, défoncé de tous côtés, mais avec la promesse qu'on sera à 18h à Jaipur. On y sera effectivement. En route nous voyons un train de passagers qui a déraillé (au moins une vingtaine de wagons...). Confirmation de nos vols retour dans une agence de voyage, mais je ne suis pas sûr de ce qu'ils ont fait exactement...

Nous prenons le train de 20h45 pour Ahmedabad. Inch Allah!

 

Jeudi 25 février 2010                                Palitana

 

Le train arrive à l'heure à Ahmedabad. Nous avons très bien dormi.

Notre dernière visite prévue, c'est Palitana, au milieu du Gujarat, où se trouve une colline sacrée occupée par 800 temples jaïns! Mais nous n'avons que deux jours pour y aller (500km aller-retour). Ça ira tout justre mais il ne faut qu'il y ait un imprévu.
Galère pour trouver un bus pour Palitana. Le deux bus publics qu'on voit arriver sont pris d'assaut par les autochtones.  Nous partons à la gare routière privée, mais là plus de bus pour la journée.
Retour à la gare routière d'Etat où nous prenons un bus pour la ville proche de Palitana (Bahvnagar, 4h30 de trajet). Traversée de paysages désertiques, dont un Tchott (désert salé). Arrivés là, on s'aperçoit qu'en fait c'est un carrefour sur la route où les rickshaws attendent. Renaud a sympathisé avec un Indien qui négocie un rickshaw collectif pour 30R chacun. 1h de route pour arriver à Palitana.

Nous voyageons avec des Jaïns qui nous apprennent que demain c'est le GRAND PELERINAGE JAÏN! Une fois tous les 14 ans, 60000 personnes attendues. Mauvaise nouvelle.

Heureusement nous trouvons une chambre d'hôtel (prix multiplié par 3). Par précaution nous achetons le billet de bus pour le retour à Ahmedabad demain.

Les infos sur le pèlerinage et ce que ça implique sont contradictoires, les gens du rickshaw disaient qu'il valait mieux monter la colline le plus tôt possible (4-5h du mat), un vieux jaïn en ville nous a conseillé plutôt d'y aller à 8h pour éviter la foule, le patron de l'hôtel carrément pessimiste nous a dit que nous ne serions jamais de retour a midi (heure de notre bus). On verra demain!

Je me fais voir par un marchand ambulant: 30 roupies une jolie chemise en coton sous cellophane. En fait c'est une chemise d'occasion même pas propre reconditionnée pour la revente dans la rue...

 

Vendredi 26 février 2010

 

Levés à 5h, nos filons à l'entrée de la marche vers la montagne. Noir de monde, des milliers de gens qui piaffent d'impatience de démarrer. Ça nous rappelle un départ de marathon. En fait les pèlerins arrivent depuis le milieu de la nuit et montent par vagues commandées par la police. Une longue file de gens serpente sur le flanc de la colline jusqu'au sommet. Nous hésitons, car nous avons très peu de temps (bus à midi, puis train le soir pour Bombay et avion demain pour Paris: ce serait bête de rater tout ça parce qu'on aurait été bloqué par la foule sur une montagne sacrée). Si on démarre on ne pourra plus revenir en arrière...

On va boire un chaï et on visite quelques temples jaïns dans la rue où nous nous trouvons, histoire de réfléchir.

A 7h nous nous apercevons que ça s'est sacrément décanté, nous faisons quelques centaines de mètres vers la colline. Allez, soyons audacieux, on fonce.

C'est parti pour une montée de 600m de dénivelé, un escalier de 3250 marches, au lever du soleil. Nous sommes en forme et montons plus vite que les pèlerins, évitant les bouchons et ralentissements (dus au porteurs amenant au sommet les personnes âgées et les flemmards) en passant par des raccourcis hors de l'escalier. 1h 15 plus tard nous sommes en haut. Vue superbe sur la plaine alentour et les temples érigés les uns sur les autres au sommet de la colline (deux collines en fait, avec l'espace entre elles partiellement comblé et construit lui aussi). Nous évitons soigneusement le circuit que tous les pèlerins prennent (ils vont se recueillir (brièvement) dans une paire de temples célèbres puis font une marche autour du sommet). Les pieux jaïns sont habillés simplement d'un grand tissu blanc, avec parfois un masque sur la bouche pour ne pas avaler d'insectes. Ils sont très calmes et souriants, beaucoup sont contents de voir des étrangers parmi eux (nous sommes les seuls). De temps en temps ils psalmodient "andina, andina" (??). Nous redescendons par le même escalier en une heure. Ensuite 5h30 de bus et départ à 22h pour Bombay en 2ème classe A/C. La journée a été dure mais passionnante.

 

Samedi 27 février 2010                             Mumbai

 

Nous laissons les sacs à la consigne de la gare puis filons prendre un bateau pour l'île d'Elephanta. Je ne suis pas plus ébloui que lors de ma première visite, mais la balade en bateau est agréable et nous rafraîchit un peu car il fait très chaud dans Mumbai. On fait un peu de shopping (chemises, épices, un Ganesh en bois de différentes couleurs...). Nous sommes à 22h à l'aéroport, longue attente pour nos avions: Françoise et Renaud partent à 7h avec Oman Air, moi à 8h avec Air India. On se retrouve à Charles de Gaulle ce soir.

Arrivé à Paris je reste bloqué 3heures dans l'avion en attente d'un module de débarquement disponible (une tempête historique a perturbé le trafic de Roissy).

Renaud et Françoise que je devais attendre pendant deux heures m'accueillent dans le hall des arrivées.


….FIN DU VOYAGE….